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Alice au Pays des Rootseux – Le Retour du Festival

16128320_10208266513047908_493275432_nOn connaît tous Alice ! La curieuse petite fille qui jadis fût allée aux Pays des Merveilles. Mais saviez-vous que ce n’est pas là le seul pays magique qu’elle ait découvert ? Non ? Laissez-moi vous raconter.

Le 15 Avril 2016, Alice voit de nouveau le lapin blanc pressé, tenant toujours la même montre. Entraînée par la curiosité elle s’élance sur ses traces, et arrive tout juste à temps pour le voir disparaître dans une foule joyeuse et bohème. Elle se sent engourdie, comme dans un rêve, consciente de son esprit, mais plus de son corps. Elle prend un instant pour considérer l’endroit où elle se trouve. Elle connaît cet endroit ! C’est le campus universitaire de Saint Martin D’Hères, proche de la folle ville qu’est Grenoble ! Mais pourquoi est-il si différent ? Elle contemple, se concentrant d’abord sur ce qu’elle voit : un imposant chapiteau se dresse devant elle, différentes petites échoppes débitent bières, crêpes et hot-dogs continuellement, et au loin, elle peut apercevoir d’étranges danseurs, faisant sautiller, glisser, tourner l’éclat d’une flamme d’une agilité suprême. Puis, son regard se pose sur le bon gros mur de son qui se trouve en face d’elle. A cet instant, Alice réalise : elle se trouve dans ce festival dont les gens chuchotaient la renaissance. Elle a entendu parler de cette étonnante confrérie qu’est « Roots’n’Culture ». Rêve ou réalité, peu importe elle y est : le retour du festival ! Elle n’avait pas osé y croire, de peur d’être trop déçue après une fausse joie.

Alice sent son sens de l’ouïe se révéler. Peu à peu, elle comprend les paroles percutantes et engagées du Ragamuffin qui chante dans ses oreilles. Après un temps, elle analyse que le son vient de l’intérieur du chapiteau. Encore incapable de contrôler son corps, elle laisse ses jambes la transporter jusqu’à la scène : MissaH & Weedo ouvrent le festival. A la fin de leur spectacle, la foule entraîne la jeune femme devant l’illustre Natural Tribulation Sound System. L’ambiance est dingue. Retour devant la scène. I Woks Sound prône le partage, le respect et la liberté d’expression. Les paroles raisonnent dans la tête d’Alice, et, en contemplant les sourires et la bonne humeur autour d’elle, elle prend conscience que tous ici sont rassemblés sous le symbole du partage, de l’amour et de la fête ! Quand l’Entourloop débute son show, Alice sent qu’elle a enfin accès à tous ses sens. Elle se déhanche sur ce mélange subtil de Hip Hop et Reggae. Mais lorsque le son du talentueux Brain Damage, tour à tour sombre, atmosphérique, revendicatif et poétique, commence à répondre aux cris du public, elle se sent de nouveau aspirée dans un univers différent. Alice ferme les yeux, et suit les pulsations de la musique.

Elle se réveille en sursaut. Elle est toujours au même endroit. Mais il est tôt. La nuit se prépare à tomber, et le soleil offre toujours quelques rayons à la foule. La foule, elle est toujours là ! Gaie et énergique, elle danse sur les ondes positives de Irie Night Sound ft Mc Akro. Alice demande la date à un séduisant jeune homme. Il porte des lunettes, avait un grand sourire et ses longs cheveux bouclés tombent sur son pull rouge au logo « Roots’n’Culture ». « On est Samedi 16 Avril, kiffe bien !», il répond, avec un clin d’œil. Pendant ce temps-là, Thriakis Dub Destroyer commence à faire voyager son public. Ce son intergalactique absorbe Alice, la ramenant dans une douce folie. Et, comme les autres, elle oublie peu à peu le monde d’où elle vient, se laissant flotter sur les sonorités spatiales et évolutives. Elle continue son périple sur la planète d’OBF ft Shanti D. Leurs sessions, d’une intensité rare, la plonge dans le moment présent. Elle est en parfaite communion avec la musique et les 3600 autres festivaliers, elle sait qu’un lien fort les unit. Et pas seulement eux ! Elle tourne la tête, et ses yeux se posent sur le camion de la Banque Alimentaire près de l’entrée. Au total 3,2 tonnes de pâtes ont été récoltées pour aider l’Homme à se restaurer. Ce jour-là, ils sont tous unis, bienveillants les uns envers les autres, se sentant tous libres, et se comprenant mutuellement. Est-ce vraiment la réalité ? Les premières notes si particulières de la goa d’Hilight Tribe raisonnent. La foule se laisse emporter, l’osmose générale brise définitivement les frontières entre songe et vérité. Alice ferme les yeux. Elle reviendra l’année prochaine. Ils reviendront tous l’année prochaine, ils reviendront tous pour vivre encore une fois le rêve éveillé.

Auteur : Cécile Viret

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